L’AFC/M23 est revenu sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, et particulièrement à Minembwe dans les hauts plateaux de Fizi en province du Sud-Kivu où d’intenses affrontements sont rapportés depuis plusieurs jours entre son allié, le groupe armé Twiraneho et les forces gouvernementales appuyées par l’armée burundaise.

Lors d’un point de presse tenu le jeudi 18 juin dernier, son coordonnateur politique, Corneille Nangaa, a dénoncé « un blocus général et total » de la région des hauts plateaux des Fizi et particulièrement à Minembwe qui affecte profondément toute la population civile : « Les principales voies d’accès sont coupées, l’acheminement de l’aide humanitaire est bloqué, les services essentiels sont complément paralysés, les familles entières se retrouvent privées d’approvisionnement en nourriture, en médicaments et en biens vitaux de première nécessité, les évacuations sanitaires sont devenues extrêmement difficiles, voire impossibles dans certains cas », a-t-il affirmé dénonçant l’intensification des bombardements par drones des FARDC depuis plusieurs semaines, et qui font de nombreuses victimes civiles.

L’annonce de la reprise prochaine de Goma et Bukavu par les FARDC, une déclaration de guerre

Corneille Nangaa, qui a réagi aux propos de Félix Tshisekedi qui a affirmé que l'armée congolaise était en train « d’écraser l'ennemi », annonçant à cette occasion la récupération prochaine des villes de Goma et Bukavu actuellement occupées par l’AFC/M23, a décrié un discours « irresponsable et va-t-en-guerre », estimant qu’il entrave davangate le processus de paix en cours et qui est une nouvelle fois au point mort considérant que le protocole de cessez-le-feu ainsi que celui de libération des prisonniers signés par les deux parties en avril dernier ne sont toujours pas mis en application : « Cette posture militariste du régime de Kinshasa ne nous laisse d'autres choix que de nous défendre afin d'éliminer systématiquement cette menace ouvertement proclamée par Kinshasa (…) Notre patience, notre disponibilité, notre énergie et notre imperturbabilité à procurer la paix au peuple congolais par la voie du dialogue, ne sauraient être sans limites. Il est temps de comprendre que face à tant de dérives de gouvernance du régime illégitime de Kinshasa, l'AFC-M23 a pris ses responsabilités pour sauver la nation », a-t-il déclaré interpelant par ailleurs les médiateurs de Doha, les missions diplomatiques et les organisations internationales.

Il a également dénoncé leur silence face à cette situation assimilant cette attitude « à une forme de complicité. »

« Chaque jour qui passe, la libération par la voie de la révolution constitutionnelle devient un impératif. Nous sommes en droit de considérer qu'il devient illusoire de compter sur autrui dans la lutte de libération de notre peuple », a-t-il conclu réitérant que le salut de la RDC viendra de l’unité nationale.