Par Claudel Lubaya

J'éprouve naturellement une certaine compassion pour mes amis de l'Union sacrée. 

L’agitation qui les habite depuis hier porte à croire que le message prophétique et patriotique de la CENCO est venu balayer, en quelques lignes, des mois de discours sur le changement de la Constitution.

Le choc est manifeste, brutal, et ils ne prennent même plus la peine de le dissimuler.

Depuis hier, les « changistes » occupent et écument les plateaux de télévision, les radios et les réseaux sociaux.

Usant de l'énergie du désespoir, ils cherchent à répondre à la CENCO, mais sans jamais répondre au fond. Ils parlent beaucoup, pourtant les arguments ne viennent pas.

A l'évidence, ils volent trop bas, face à une prise de position aussi nette que celle de nos pères spirituels.

Ce qui m'attriste davantage, c'est de voir que, faute de pouvoir répondre sur le fond, les « changistes » toutes catégories confondues choisissent la facilité : les injures, les attaques personnelles et les invectives.

Certains vont même jusqu'à contester à l'Église catholique, la même de 2016-2017, le droit de s'exprimer sur une question aussi fondamentale que l'avenir de notre Constitution et de notre démocratie.

Pourtant, la mémoire est parfois utile. En 2016 et en 2017, lorsque le régime de l'époque était soupçonné de vouloir changer la constitution, cette même CENCO était portée aux nues par ceux qui, aujourd'hui, la vouent aux gémonies. L'UDPS, le Rassemblement et leurs alliés saluaient le courage des évêques.

Ils les présentaient comme des médiateurs crédibles et respectés, des patriotes, capables de défendre l'intérêt supérieur de la Nation.

Après l'Accord de la Saint-Sylvestre, c'est encore vers la CENCO que l'UDPS et le Rassemblement se sont tournés pour transmettre au président Kabila leur proposition désignant Félix Tshisekedi comme Premier ministre.

A cette époque, personne ne contestait aux évêques le droit d'intervenir dans les affaires publiques. Bien au contraire.

Alors, qu'est-ce qui a changé depuis ? Certainement pas la CENCO. Elle demeure fidèle aux mêmes principes, à la même mission et aux mêmes valeurs. Elle rappelle les mêmes exigences constitutionnelles qu’elle défendait sous Kabila.

Ce qui a changé, ce n'est pas la CENCO. C'est le regard que certains portent sur elle, selon que sa parole sert ou contrarie leurs intérêts politiques du moment.

Par Claudel Lubaya