De violents affrontements opposent depuis le début du mois de janvier des groupes armés Wazalendo alliés des FARDC dans la chefferie des Bashu, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Plusieurs camps du groupe Mai-Mai dirigé par le général autoproclamé Tango Fort ont été incendiés, selon des sources locales.
D’après des informations concordantes recueillies auprès d’acteurs de la société civile et de sources sécuritaires locales, le camp de Misugho, quartier général des Mai-Mai du général autoproclamé Tango Fort, a été incendié le samedi 3 janvier 2026 vers 15 heures, dans le groupement Malio, chefferie des Bashu.
Ce camp aurait été attaqué à l’issue de combats qualifiés de « sanglants » avec les éléments du groupe Mai-Mai/Wazalendo RNL, dirigé par le général Baraka Lolwako, lequel bénéficierait de l’appui de la Synergie des Wazalendo du Front Grand Nord, selon les mêmes sources.
Une volonté de « faire disparaître » le groupe Tango Fort
Les premières informations indiquent que la Synergie des Wazalendo chercherait à « effacer toute trace » du groupe du général autoproclamé Tango Fort. Ce dernier est accusé, notamment, d’avoir refusé l’intégration de ses combattants au sein de la Synergie, mais aussi d’être impliqué dans des assassinats, des actes de torture et dans une forme de substitution à l’appareil judiciaire, traitant des dossiers pénaux, civils et coutumiers moyennant des amendes jugées exorbitantes.
Dans une déclaration attribuée à des responsables de la Synergie Wazalendo, celle-ci affirme vouloir neutraliser Tango Fort et ses partisans s’ils refusent de déposer les armes ou d’intégrer ses rangs, menaçant d’attaquer l’ensemble de leurs positions.
Extension des violences vers Butembo
Les violences ne se sont pas arrêtées à Misugho. Le dimanche 4 janvier 2026, vers 4h30 du matin, le camp Rwamiso, situé au nord de la ville de Butembo et présenté comme le troisième camp des éléments de Tango Fort, aurait également été attaqué et incendié.
Ce camp subirait le même sort que ceux de Kitovo et Misugho, incendiés respectivement le 1er et le 3 janvier 2026, selon des témoignages locaux.
Inquiétudes de la société civile
Maître Maombi Kahongya, président de la société civile de la chefferie des Bashu, exprime sa vive inquiétude face à cette escalade de violences entre groupes censés appuyer l’armée congolaise. Il redoute de graves conséquences sécuritaires et humanitaires pour les populations civiles, déjà éprouvées par des années de conflits armés dans la région.