Alors que le Secrétaire Permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, a clairement indiqué que le mouvement rebelle « n’est pas concerné par l’initiative de médiation de l’Angola » qui a proposé un cessez-le-feu devant entrer en vigueur à partir du 18 février prochain ; c’est au tour de Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23 de revenir sur ce sujet.

Ce dernier, qui a superbement zappé l’initiative de l’Angola, pourtant approuvée par Kinshasa, a simplement fait savoir que son mouvement reste engagé à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, le cessez-le-feu réitéré dans le mécanisme convenu dans le cadre du processus de Doha : « Cette démarche s’inscrit dans une logique de responsabilité politique et de volonté sincère d’aboutir à un règlement négocié, durable et inclusif du conflit », a-t-il déclaré sur X.

Corneille Nangaa, qui avait déjà fait part, il y a quelques jours, « de vives interrogations quant à la nouvelle initiative de dialogue portée par Luanda », demandant des précisions sur sa nature, sur le statut réservé au processus de Doha, et sur l’éventuelle association de la médiation du Qatar ; a dénoncé ce qu’il qualifie de « stratégie de fragmentation diplomatique du régime de Kinshasa », avec la multiplication de cadres et d’initiatives parallèles, en marge d’un processus centralisé et consensuel. : « Une telle démarche compromet la cohérence des efforts de médiation, affaiblit la crédibilité des engagements pris et risque de différer l’émergence d’un règlement politique sérieux et durable », a-t-il signifié accusant par ailleurs Kinshasa, « par des faits vérifiables sur le terrain », de continuer avec la poursuite d’actes de belligérance caractérisés en contradiction manifeste avec sa récente annonce d’adhésion à l’appel au cessez-le-feu.

« Les offensives menées contre des localités densément peuplées, le recours à des mercenaires, ainsi que les bombardements indiscriminés affectant des populations civiles sans défense, traduisent un choix assumé de l’escalade militaire, en rupture totale avec l’esprit et la lettre des engagements publics pris », a-t-il poursuivi.

Corneille Nangaa a fait savoir que pour l’AFC, l’acceptation par Kinshasa du principe de cessez-le-feu proposé par l’Angola « ne constitue qu’une manœuvre de communication et une tentative de manipulation destinée à tromper l’opinion nationale et internationale, à se soustraire à ses responsabilités et à masquer la poursuite d’une stratégie résolument militariste. »

Enfin, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a pointé du doigt l’attitude du président burundais et président entrant de l’Union africaine affirmant que ce dernier contribue à la persistance de violences ciblées contre les communautés banyamulenge : « L’AFC/M23 appelle, à ce titre, la communauté internationale ainsi que les institutions continentales à assumer pleinement leurs responsabilités, en exerçant une vigilance soutenue afin de prévenir toute escalade et d’éviter une aggravation des tensions ethniques et de la crise humanitaire dans la région », a-t-il conclu.

Il faut dire que cette position risque de compromettre la démarche de Luanda et donc du cessez-le-feu annoncé pour le 18 février prochain d’autant plus que sur terrain, les affrontements se poursuivent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.