Les services de sécurité congolais ont procédé à l’arrestation, à Mahagi, dans la province de l’Ituri, d’un individu présenté comme étant potentiellement lié au mouvement rebelle des Allied Democratic Forces (ADF), groupe armé accusé de nombreuses attaques meurtrières dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon plusieurs sources sécuritaires, le suspect pourrait être un certain Abou Akkhas, également connu sous le nom d’Abu Akasi. Il serait considéré comme un cadre du mouvement et utiliserait plusieurs identités dans différents pays de la région des Grands Lacs, notamment en RDC, en Ouganda, au Kenya et au Burundi.
Lors de son interpellation, l’homme était porteur de documents d’identité établis au nom de Tuyisenge Jean-Paul. D’après les informations figurant sur ces documents, il serait un ressortissant burundais né le 7 avril 1999 à Ngagara, dans la province de Bujumbura.
Parmi les pièces retrouvées figurait également un laissez-passer délivré le 13 mai 2026 par l’ambassade du Burundi au Kenya. Le document mentionne une résidence à Kasarani, au Kenya, et indique que le détenteur était sans profession déclarée. Il y est également précisé qu’il mesurait environ 1,65 mètre.
Ce titre de voyage autorisait son déplacement vers le Burundi, plus précisément dans la commune de Ntahangwa, zone Ngagara, et demeurait valable jusqu’au 13 juin 2026.
Des zones d’ombre autour de sa présence à Mahagi
L’arrestation soulève plusieurs interrogations au sein des milieux sécuritaires et parmi les observateurs de la région. Certains peinent notamment à comprendre comment un individu supposé voyager entre le Kenya et le Burundi a pu être retrouvé à Mahagi, une zone sensible de l’Ituri où les ADF sont régulièrement signalés et impliqués dans des attaques contre les civils.
Cette présence alimente les soupçons d’un éventuel réseau de circulation transfrontalière lié au groupe armé, même si aucune preuve formelle n’a encore été rendue publique à ce stade.
Les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’identité définitive du suspect ni sur son éventuelle implication au sein des ADF. Les informations disponibles restent donc à confirmer à travers les enquêtes en cours.
Depuis plusieurs années, les ADF figurent parmi les groupes armés les plus actifs dans l’Est de la RDC, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où leurs attaques ont causé des milliers de morts et d’importants déplacements de populations.