Trois jours seulement après son limogeage de la tête du gouvernement, Ousmane Sonko effectue un retour spectaculaire au sommet de l’État sénégalais. Le leader du parti Pastef a été élu ce 26 mai 2026 président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 165, consolidant ainsi son influence politique malgré son départ récent de la primature.

Cette élection, largement attendue, s’est déroulée dans un contexte politique particulièrement tendu au sein de la majorité au pouvoir. La domination numérique du Pastef au Parlement, avec 130 sièges sur 165, a facilité l’accession de Sonko au perchoir.

Son retour à l’hémicycle avait été rendu possible quelques heures plus tôt après sa réintégration comme député, une procédure vivement contestée par l’opposition sénégalaise.

Les députés de l’opposition ont d’ailleurs boycotté le vote, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Malgré cette contestation, l’ancien chef du gouvernement a rapidement pris possession de ses nouvelles fonctions, affichant une posture offensive dès son premier discours officiel.

Un retour politique rapide après son éviction

Le 23 mai dernier, le président Bassirou Diomaye Faye avait mis fin aux fonctions de son Premier ministre, mettant ainsi un terme à plusieurs mois de tensions internes au sein du pouvoir exécutif.

Dans la foulée, Al Aminou Lô avait été nommé pour conduire le nouveau gouvernement.

Mais loin de marquer un recul politique, cette éviction semble avoir ouvert à Ousmane Sonko une nouvelle séquence institutionnelle. Depuis le perchoir de l’Assemblée nationale, il a promis une institution parlementaire plus affirmée dans le contrôle de l’action gouvernementale.

« L’Assemblée nationale utilisera de manière ferme mais responsable tous les leviers de pouvoir », a déclaré le nouveau président du Parlement devant les députés.

Dans son intervention, Ousmane Sonko a également tenu à marquer une certaine distance avec le nouveau chef du gouvernement, évoquant « certaines divergences » portant notamment sur les questions monétaires et la gestion de la dette publique.

Dans une phrase interprétée comme un message politique adressé à la nouvelle équipe gouvernementale, il a affirmé : « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef. »

Une vision axée sur les réformes et la gouvernance

Fraîchement élu à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a présenté les grandes orientations qu’il entend donner à l’institution parlementaire. S’appuyant sur son expérience de député, de maire et d’ancien Premier ministre, il a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées depuis l’arrivée du Pastef au pouvoir en 2024.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale a notamment mis l’accent sur la gouvernance publique, la justice sociale, la transparence dans la gestion des finances publiques ainsi que la lutte contre la corruption, des thèmes qui ont largement contribué à son ascension politique ces dernières années.

Cette recomposition rapide du pouvoir au sommet de l’État sénégalais confirme l’importance centrale d’Ousmane Sonko dans l’architecture politique actuelle du Sénégal, malgré son départ du gouvernement. Son élection au perchoir ouvre désormais une nouvelle phase dans les relations entre l’exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye et une Assemblée nationale désormais présidée par son ancien Premier ministre.