L’Église du Christ au Congo (ECC) a exprimé sa ferme opposition à toute initiative de révision constitutionnelle engagée en dehors d’un cadre national inclusif et apaisé. Dans une déclaration rendue publique par son Comité exécutif, cette plateforme protestante a rappelé que toute réforme de la Constitution doit impérativement se conformer aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution de la République démocratique du Congo.

Pour l’ECC, le contexte actuel du pays, marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, les déplacements massifs des populations et les tensions politiques, ne se prête pas à une réforme constitutionnelle menée de manière unilatérale. L’organisation ecclésiastique insiste ainsi sur la nécessité d’un dialogue national inclusif, capable de garantir la participation de toutes les forces vives de la Nation et de préserver la cohésion nationale.

Cette prise de position intervient alors que le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile congolaise.

Delly Sesanga appelle à privilégier la paix et l’unité nationale

Réagissant à la déclaration de l’ECC, l’opposant politique Delly Sesanga a salué une position qu’il considère comme un rappel essentiel au respect de l’ordre constitutionnel. Selon lui, toute réforme de la Loi fondamentale doit se faire dans le strict respect des dispositions constitutionnelles en vigueur.

« Cette déclaration rappelle une vérité fondamentale que nous avons toujours défendue : toute réforme constitutionnelle exige le respect strict des articles 5, 218, 219 et 220 de notre Constitution », a-t-il déclaré.

Le président du parti Envol a également estimé que les priorités actuelles du pays demeurent la restauration de l’autorité de l’État, la réunification du territoire national ainsi que la protection des populations civiles confrontées aux violences armées.

Pour Delly Sesanga, engager un processus de révision constitutionnelle alors que plusieurs territoires restent sous occupation et que des millions de Congolais vivent dans la précarité et l’insécurité reviendrait à ignorer les véritables préoccupations de la population.

« Le peuple congolais a besoin de paix, de sécurité et d’espérance, pas d’une aventure constitutionnelle imposée au mépris de ses souffrances », a-t-il insisté.

À travers cette déclaration, l’ECC et plusieurs acteurs politiques plaident ainsi pour une approche consensuelle et responsable des questions institutionnelles, dans un contexte où la stabilité du pays demeure un enjeu majeur.