De plus en plus pointée du doigt pour ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir en RDC, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a réaffirmé le droit de l’Église à intervenir dans le débat politique, mettant en avant le la mission prophétique de ses évêques face à la dégradation sécuritaire et humanitaire en RDC : « Face à la situation sécuritaire et humanitaire dégradante de notre pays, nous ne saurons nous taire. Comme l’a si bien dit le Pape François, l’Eglise ne peut pas rester indifférente ou muette face aux injustices et aux douleurs qui frappent les populations », a déclaré le Secrétaire Général de la CENCO, Mgr. Donatien Nshole ; c’était lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 26 mars dernier à Kinshasa.

A cette occasion, il a dressé un tableau préoccupant des conditions socio-économiques de la RDC, marquées par une précarité grandissante, une instabilité sécuritaire persistante et une crise humanitaire qui continue de fragiliser le tissu social.

Et face à cette crise, caractérisée également par la guerre contre le M23 à l’Est du pays ; les évêques de la CENCO ont réitéré la nécessité d’organiser un dialogue inclusif : « Nous sommes convaincus que le dialogue est supérieur à la guerre. La guerre est le résultat de l’échec de la politique, une capitulation honteuse », a-t-il poursuivi rappelant son initiative baptisée « Pacte social pour la paix » qu’elle porte conjointement avec l’ECC.

Quant au débat sur la très controversée initiative de changement de la constitution, portée par le camp présidentiel ; la CENCO estime que la loi fondamentale de la RDC peut être révisé mais pas dans le contexte actuel : « Le principe de la révision constitutionnelle est constitutionnel. La constitution elle-même prévoit les modalités de révision de la constitution. La constitution elle-même décrit les articles qui ne peuvent pas être révisés. Pour les évêques de la CENCO, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait hasardeux d’ouvrir ce chapitre-là de révision de la constitution dans un contexte qui n’est pas consensuel », a déclaré Mgr. Donatien Nshole.