L’arrivée il y a quelques jours de la cheffe a.i. de la MONUSCO Vivian van de Perre dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu via l’aéroport international de Goma a suscité un grand espoir quant à sa réouverture prochaine tant attendue et demandée notamment par le président français Emmanuel Macron.
Si la cheffe a.i. de la MONUSCO avait également dit espérer que ce tout premier vol depuis un an marque la réouverture progressive de l’aéroport international de Goma ; le M23 qui contrôle cette zone a clairement signifié que cette réouverture n’est pas encore à l’ordre du jour.
Interrogée par la DW sur cette question, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a avancé que c’est plutôt la MONUSCO qui doit jouer un rôle clé dans la sécurisation de l’aéroport international de Goma » : « La question de l’aéroport de Goma est très stratégique et très importante. Elle n’est pas seulement importante sur le plan logistique ; elle est cruciale, car cet aéroport constitue une bouée de sauvetage pour l’accès humanitaire et une voie d’approvisionnement essentielle pour l’acheminement de l’aide sur le terrain. C’est pourquoi le gouvernement congolais attache une grande importance à la réouverture de l’aéroport », a-t-elle déclaré.
La cheffe de la diplomatie congolaise a ainsi rappelé que lors de la conférence humanitaire de Paris, le gouvernement congolais avait signifié que sur cette question, il est indispensable de désamorcer les tensions et de dépolitiser l’accès humanitaire.
« Lorsque nous parlons de l’aéroport de Goma, nous parlons d’un aéroport censé redevenir opérationnel sous l’égide de la MONUSCO. C’est la seule entité qui dispose d’un niveau suffisant de neutralité dans un contexte de forte méfiance entre les parties. Nous attendons de la MONUSCO qu’elle joue un rôle clé dans la sécurisation de l’aéroport et qu’elle veille à ce que l’accès soit établi avant tout à des fins humanitaires, afin que l’accès humanitaire puisse être rétabli à Goma et dans le reste de la province du Nord-Kivu », a-t-elle ajouté.
Il faut dire que cette sortie contraste avec la position du M23, autorité de fait dans une grande partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu qui a réitéré que cet aéroport ne pourra et ne sera rouvert uniquement qu’avec son aval et pas celui de Kinshasa.