L’AFC/M23 contredit le gouvernement congolais et l’accuse de tenter d’exploiter à des fins politiques l’éboulement meutrier ayant causé la mort de plus de 200 creuseurs artisanaux à Rubaya dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu.

Dans un communiqué, le mouvement rebelle affirme que l’éboulement de Rubaya survenu la semaine dernière « est un accident tragique causé par des pluies diluviennes dans les mines », et accuse à son tour le gouvernement congolais de plusieurs manquements en matière de sécurité des mineurs, et dresse une liste de plusieurs éboulements meurtriers à travers le pas depuis 2015 : « Plutôt que de chercher à politiser un drame profondément humain, survenu à Rubaya à la suite de conditions climatiques exceptionnelles, le régime de Kinshasa ferait mieux de procéder à un audit sérieux, indépendant et transparent de sa gouvernance, notamment dans le secteur minier, de la gestion des inondations et de l’assainissement de la ville de Kinshasa, aujourd’hui gravement affectés par une gestion chaotique de la chose publique, les détournements de fonds publics et le pillage des services publics », avance l’AFC/M23 qui déplore par ailleurs toutes les victimes enregistrées dans ce récent éboulement, expliquant que de nombreuses personnes sont contraintes de travailler dans des conditions précaires pour assurer la survie de leurs familles du fait de la mauvaise gestion du pays qui ne leur offre ni emploi stable ni opportunités d’investissement, poussant ainsi de nombreux jeunes à se tourner vers ce type d’activités à haut risque.

Enfin, l’AFC/M23 a affirmé avoir pris en charge les blessés, dont les cas les plus graves ont été évacués vers l’Hôpital Général de Référence de Goma, indiquant également avoir apporté son appui à l’inhumation digne et respectueuse des victimes retrouvées.

Il faut dire que Kinshasa, rappelant que le périmètre minier de Rubaya est classé au statut « rouge » qui impose l’interdiction de toute activité d’exploitation et de commercialisation des substances minérales, y compris artisanales, a expliqué que l’accroissement de plus de 200% de l’exportation du Coltan par le Rwanda est la conséquence de son exploitation « illégale et sauvage. »