L'AFC/M23 a réagi aux accusations du gouvernement congolais assurant ne pas être dans une conquête territoriale.
Dans un communiqué publié ce vendredi 2 janvier 2026, le porte-parole du mouvement rebelle, Lawrence Kanyuka, qualifie ces accusations « d’une propagande et de la manipulation de l'opinion pour faire diversion » et omettre ses offensives militaires en violation du cessez-le-feu : « Le régime de Kinshasa a cherché à tirer profit du retrait de nos troupes en réoccupant les entités concernées, qu'il utilise comme bases pour mener des offensives répétées, massives et soutenues contre nos positions ainsi que contre des zones densément peuplées. Tel est notamment le cas des agglomérations d'Uvira et de Makobola, où les forces de Kinshasa ont commis de viols massifs à l'encontre des femmes et de pillages systématiques », a-t-il déclaré.
L’AFC/M23 a par ailleurs contesté le bilan de plus de 1.500 morts et 500.000 déplacés suite aux affrontements sur l’axe Kamanyola-Uvira : « Contrairement aux affirmations avancées par le régime de Kinshasa, les chiffres brandis ne reposent sur aucune source crédible ni vérifiable. Ils s'inscrivent dans une stratégie bien connue visant à attribuer systématiquement à autrui les crimes et violations graves commis par le régime lui-même. Les massacres de nos compatriotes résultent de frappes aériennes et de bombardements indiscriminés menés depuis Uvira par les forces coalisées du régime de Kinshasa, notamment les FARDC, FDLR, milices Mai-Mai Wazalendo, mercenaires étrangers et Force de défense nationale du Burundi », poursuit Lawrenc Kanyuka qui affirme que ces attaques ont touché la population civile à Kamanyola, Luvungi, Sange et leurs environs, et causant près de 8 morts et 55 blessés.
COMMUNIQUÉ OFFICIEL DE L’ALLIANCE FLEUVE CONGO/MOUVEMENT DU 23 MARS (AFC/M23) DU 2 JANVIER 2026⤵️ pic.twitter.com/eOTSkNpPxJ
— Lawrence KANYUKA (@LawrenceKanyuka) January 2, 2026
« L'AFC/M23 condamne avec la plus grande fermeté la violation répétée du cessez-le-feu, les crimes de haine et d'épuration ethnique, ainsi que les attaques continues et coordonnées menées par les forces coalisées du régime de Kinshasa contre nos positions et les zones densément peuplées, que ce soit au sol, sur les voies maritimes ou dans les airs. Ces assauts terrorisent les populations civiles, causent des pertes en vies humaines et provoquent des déplacements massifs de personnes innocentes », ajoute le communiqué du mouvement rebelle.
Dénonçant dans la foulée les propos polémiques du Général Sylvain EKENGE, suspendu depuis de son poste de porte-parole des FARDC, l’AFC/M23 a alerté sur l'existence d'un risque réel et imminent de génocide contre les Tutsi congolais, la propagation délibérée de discours de haine, la stigmatisation, l'exclusion et la discrimination systématiques : « Le régime de Kinshasa poursuit une guerre destructrice, brise des familles entières et mène une campagne d'extermination contre les populations de l'Est de la République démocratique du Congo, en particulier contre les Tutsi. Aucune propagande, aussi bruyante soit-elle, ne saurait masquer les faits établis ni exonérer le régime de Kinshasa de sa responsabilité directe dans les crimes, les déplacements forcés de populations et l'effondrement sécuritaire à l'Est de la RDC », a conclu le mouvement rebelle.