Un éboulement ayant coûté la vie à plus de 30 creuseurs artisanaux le weekend dernier dans la carrière de Mulondo, à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi dans la province du Lualaba, suscite encore de nombreuses réactions.

Et pour certains, l’inaction du gouvernement central face à ce drame est coupable : « Encore une fois, ce sont les plus pauvres, les invisibles — ces damnés de la terre — qui paient de leur vie l’indifférence d’un système qui les exploite sans les protéger. Sous ces amas de terre, ce ne sont pas seulement des dizaines de corps ensevelis : ce sont des existences fauchées, des rêves brisés, des pères, des frères, des fils qui ne reviendront plus. Ce drame n’est pas un accident : c’est le résultat d’un abandon. Le résultat d’une économie qui prospère sur la sueur, le sang et la misère de ceux que personne ne protège », a écrit sur X Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de l’opposant Moise Katumbi.

Pour lui, il est temps de mettre fin « à cette économie de la mort où les creuseurs artisanaux portent sur leurs épaules une part de la richesse nationale, tandis qu’on les laisse s’enfoncer dans la terre comme des ombres sacrifiables » : « Il faut des normes de sécurité strictes, des contrôles sans compromis, des sanctions réelles. Il faut surtout un État qui protège les siens avant de protéger les profits » a-t-il ajouté.

D’autres encore critiquent le silence des autorités congolaises qui ont complétement ignoré ce drame, tout comme celui d’une énième attaque meurtrière des ADF en territoire de Lubero au Nord-Kivu, « pour fêter avec pompe » la qualification des léopards aux barrages intercontinentaux à la coupe du Monde 2026 après sa victoire face au Nigéria.

C’est le cas de l’opposant Claudel Lubaya qui dit ne pas comprendre la décision de Tshisekedi « de célébrer à Kinshasa alors que ça pleure dans l’Est du pays » : « Le pays a connu, au cours du week-end dernier, plusieurs événements tragiques ayant entraîné un lourd bilan humain. Plus de 40 personnes ont perdu la vie dans l’éboulement d’un site minier au Lualaba, et plus de vingt-huit autres ont été tuées lors d’attaques attribuées aux ADF au Nord-Kivu. Ces drames ont profondément marqué la nation et soulèvent des interrogations légitimes quant à la capacité de l’État à assurer la sécurité, la prévention des risques et la protection des populations », avance-t-il estimant que dans ce contexte, l’absence de communication officielle est perçue comme « un manque de présence institutionnelle à un moment critique. »

« Comment comprendre qu’au sommet de l’État, la jubilation sportive l’emporte sur le devoir de compassion, de décence et de responsabilité envers les victimes ? L’allocation de ressources et l’organisation d’événements festifs par le Président de la République, en pleine période de deuil collectif, interrogent quant à la hiérarchisation, par lui, des priorités et à la cohérence de la communication gouvernementale. Soit Félix Tshisekedi manque de lucidité sur ce que vit le pays, soit il fait preuve d’un désintérêt préoccupant pour la souffrance des familles affectées par les tragédies du week-end dernier » conclut-il.

Pendant ce temps, un avion aéronef qui transportait une délégation ministre des mines qui s’est déplacé à Kolwezi pour s’enquérir de la situation de l’éboulement dans la carrière de Mulondo a connu un crash ce lundi 17 novembre 2025 lors de son atterrissage à l’aéroport de Kolwezi, mais tous les passagers et membres de l’équipages sont sortis sains et saufs.ù