L’organisation congolaise de défense des droits humains Convention pour le respect des droits humains (CRDH) a rendu public le vendredi 16 janvier à Goma, un rapport mettant en cause les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et leurs alliés, dont les résistants Wazalendo, dans des bombardements et des exactions présumées contre des civils à Kamanyola dans la province du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC. 

Intitulé « Mission d’enquête humanitaire indépendante relative aux bombardements de Kamanyola et aux exactions perpétrées contre les populations civiles par la coalition FARDC, Wazalendo, FDLR et FDNB », le document a été présenté par Jean-Paul Ngahangondi, ancien député provincial du Nord-Kivu. 

Selon la CRDH, l’enquête repose sur des témoignages recueillis sur le terrain auprès de victimes et de témoins directs.

Le rapport fait état de bombardements ayant touché des zones civiles, ainsi que de violences sexuelles, d’exécutions présumées et de disparitions forcées imputées à des éléments appartenant aux forces gouvernementales et à des groupes armés alliés. 

Des témoins cités dans le rapport affirment que des femmes et des jeunes filles auraient été victimes de viols, tandis que plusieurs civils auraient disparu après des opérations militaires.

Certaines familles évoquent également la destruction d’habitations lors de bombardements, sans possibilité de fuite pour les occupants.

Jean-Paul Ngahangondi a déclaré que l’objectif de cette enquête était de documenter des violations qui, selon lui, bénéficient d’une faible visibilité médiatique, comparativement à celles attribuées aux groupes armés opposés au gouvernement, notamment l’AFC/M23.

Il appelle à des enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités et d’assurer la reddition des comptes. 

La CRDH indique que son rapport a été présenté à des organisations de défense des droits humains et à des juristes lors de rencontres en Suisse et en Belgique, en collaboration avec des associations de la diaspora congolaise.

Selon ses responsables, des démarches judiciaires pourraient être engagées au niveau international contre certaines personnes citées dans le document.

À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas réagi officiellement aux accusations contenues dans le rapport.