Dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, la cité frontalière de Kasindi étouffe.
La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) dénonce une occupation anarchique de la voie publique par des opérateurs économiques qui transforment les rues en entrepôts de fortune.
À Kasindi, point de passage névralgique entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, la circulation sur la Route Nationale 4 (RN4) est devenue un véritable calvaire.
Les avenues et les artères principales de la cité sont désormais détournées de leur usage premier pour servir de sites de transbordement et d'entreposage de marchandises.
Une situation alarmante qui paralyse également le trafic et exaspère les forces vives locales.
Blaise Metusela Bunduki, coordonnateur adjoint de la NSCC dans le groupement Basongora, tire la sonnette d’alarme : « Les avenues et la route nationale ne peuvent pas devenir des parkings. Nous craignons que cet encombrement ne provoque des accidents de la route mortels », a-t-il déclaré pointant du doigt les risques sécuritaires de cette pratique.
Ce dernier exhorte la Police de Circulation Routière (PCR) à assumer ses responsabilités pour libérer la chaussée.
Le défi des infrastructures
Face à ces accusations, la réponse des autorités met en lumière un problème structurel profond.
La commandante de la PCR à Kasindi, Micheline Angamba, ne nie pas l'évidence des faits, mais souligne l'absence totale de parkings modernes capables d'accueillir les poids lourds en transit dans cette zone frontalière.
Tout en assurant avoir déjà alerté sa hiérarchie sur l'urgence de la situation, la commandante rappelle que faute d'espaces dédiés, la gestion du flux de marchandises reste un défi quotidien.
En attendant une solution durable, les habitants de Kasindi et les usagers de la RN4 continuent de slalomer entre les camions et les cargaisons.