Les États-Unis ont annoncé avoir pris des sanctions contre les Forces de défense rwandaises (FDR) et à quatre de leurs officiers supérieurs pour leur soutien opérationnel direct au M23 qui poursuit la guerre à l’Est de la RDC.
Washington accuse le Rwanda de violer les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, entérinés en décembre 2025 par le président américain Donald Trump et ses homologues congolais et Rwanda, Félix Tshisekedi, et Paul Kagame.
Le département d’Etat américain rappelle que quelques jours seulement après cette signature, des combattants du M23, soutenus par le Rwanda, avaient pris le contrôle de la ville d'Uvira, en violation flagrante de ces accords : « Le M23, entité sanctionnée par les États-Unis et l'ONU, est responsable d'horribles violations des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des violences contre des civils, en particulier des femmes et des enfants. Le soutien continu des RDF et de leurs hauts responsables a permis au M23 de s'emparer de territoires souverains de la RDC et de poursuivre ces graves exactions », indique-t-il dans son communiqué.
Les États-Unis réaffirment par ailleurs leur soutien indéfectible à la paix et à la stabilité dans l'Est de la RDC et dans l'ensemble de la région : « Les accords de Washington marquent un tournant décisif pour la région des Grands Lacs, ouvrant la voie à une nouvelle ère de paix, de coopération et de prospérité entre voisins. L’action d’aujourd’hui témoigne de la détermination des États-Unis à respecter ces accords. Comme l’a clairement indiqué le président Trump, les États-Unis sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour garantir que la RDC et le Rwanda honorent les engagements de cet accord historique », ajoute ce communiqué.
Les principaux concernés et les griefs à leur encontre
Concrètement, l’armée rwandaise est accusée par Washington de déployer ses troupes sur le terrain, dans l'Est de la RDC, et d’utiliser des équipements militaires de pointe, notamment des systèmes de brouillage GPS, des systèmes de défense aérienne, des drones et du matériel supplémentaire : « Des milliers de soldats des RDF sont déployés dans toute la région, où ils participent activement aux combats et facilitent le contrôle territorial du M23. Les RDC forment également les combattants du M23 dans leurs centres militaires et soutiennent ses efforts de recrutement, y compris auprès des réfugiés », précise de son côté le département du Trésor américain qui affirme qu’en échange de son soutien au M23, le Rwanda a obtenu un accès aux zones riches en minerais de l'Est de la RDC.
Il exige ainsi « le retrait immédiat des troupes, des armes et du matériel des Forces de défense rwandaises du territoire congolais. »
Et les 4 responsables militaires rwandais sanctionnés par les États-Unis sont :
- Mubarakh Muganga, le chef d’état-major Général de l’armée rwandaise, accusé d’avoir joué un rôle clé dans la planification des opérations et le commandement des forces des FDR dans l’Est de la RDC en juin 2023, alors qu’il était chef d’état-major des forces terrestres des RDF ;
- Vincent Nyakarundi, actuel chef d'état-major des forces terrestres de l’armée rwandaise qui mènent des opérations militaires en soutien au M23 ;
- Ruki Karusisi, commandant de la 5ème division d’infanterie de l’armée rwandaise, qui était auparavant commandant d’une force d’opérations spéciales et qui supervisait les opérations militaires en soutien au M23 ;
- Stanislas Gashugi, récemment nommé commandant des forces d'opérations spéciales de l’armée rwandaise en remplacement de Karusisi.
Ce qu’implique ces sanctions
Concrètement, tous les biens et intérêts patrimoniaux de ces hauts responsabls militaires rwandais sanctionnés se trouvant aux États-Unis ou détenus ou contrôlés par des américains, sont gelés.
« Toute violation des sanctions américaines peut entraîner des sanctions civiles ou pénales à l'encontre des personnes américaines et étrangères. Il est également interdit aux personnes non américaines d'inciter ou de conspirer pour inciter des personnes américaines à enfreindre sciemment ou non les sanctions américaines, ainsi que d'adopter des comportements visant à contourner ces sanctions », souligne le département du Trésor américain.
Pour rappel, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, avait affirmé il y a quelques jours que son pays « ne craint pas des sanctions internationales » ; reste à savoir si cette fois-ci l’armée Rwandaise va cessez définitivement avec son soutien au M23.