Le mardi 27 janvier dernier, la Haute Cour Militaire de Kinshasa a auditionné quatre généraux des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) en qualité de renseignants dans le procès opposant l’Auditeur Général et le Ministère Public au lieutenant-général Philémon Yav Irung.
Ce dernier, ancien commandant de la troisième zone de défense et coordonnateur des opérations au Nord-Kivu, est poursuivi pour trahison et incitation des militaires à des actes contraires au devoir ou à la discipline.
Les témoins – le lieutenant-général Constant Ndima Kongba (ex-gouverneur militaire du Nord-Kivu), le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi (porte-parole suspendu des FARDC), le général de brigade Dany Yangba Tene (ex-conseiller) et le général de brigade Evariste Mwehu Lumbu (ex-commandant du secteur opérationnel Sukola 2 Sud-Sud-Kivu) – ont été interrogés sur deux messages extraits des téléphones du prévenu, émanant du colonel Célestin Senkoko présenté comme secrétaire particulier du général rwandais James Kabarebe.
Le premier indexe le Général Cirimwami, décédé depuis, « qui serait gênant », alors que le second démotive le Général Mwehu.
Lors de sa déposition, le général Ndima a admis avoir été informé à Goma par le général Cirimwami d’un message provenant du Rwanda, et avoir chargé le général Ekenge, en déplacement à Kinshasa, de relayer l’information au chef d’état-major général des FARDC, au sous-chef chargé des renseignements et au chef de la maison militaire du chef de l’État.
Les généraux Ekenge et Yangba, présents, ont confirmé ces déclarations de leur ancien supérieur.
En revanche, le général Mwehu a nié avoir reçu un message de James Kabarebe, affirmant qu’il s’agissait plutôt d’une directive interdisant aux militaires des FARDC tout contact avec les combattants des FDLR – une version réfutée par l’Auditeur Général, qui a insisté sur le fait que le dossier judiciaire ne porte que sur les deux messages initiaux.
Et pour les avocats de la défense, l’accusation est sans preuve matérielle puisque le message qu’aurait transmis le colonel Célestin Senkoko, secrétaire particulier du général rwandais James Kabarebe, n’a jamais été produit.
Aussi, aucun des renseignants cités ci-haut n’a déclaré avoir vu ou consulté le message que Yav aurait montré à Cirimwami : « C’est un message imaginaire », a ainsi lancé un avocat de la défense déplorant que ce procès est basé sur des « rumeurs et des ouï-dire. »,
Notez que les mêmes renseignants ont été requis pour la prochaine audience prévue le 17 février prochain et à laquelle le conseil national de cyberdéfense sera convié pour son expertise.