La République démocratique du Congo a marqué un tournant important dans sa stratégie économique et agricole en devenant, le 2 juin 2026, le premier pays à signer le nouvel Accord international sur le cacao (AIC 2026) au siège de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
La signature a été apposée par le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, mandaté par le chef de l’État à travers les pleins pouvoirs accordés par la ministre d’État aux Affaires étrangères. La cérémonie s’est déroulée en présence du directeur exécutif de l’ICCO, le Belge Michel Arrion, de l’ambassadeur Aly Touré, porte-parole des pays producteurs, ainsi que des diplomates de l’Union européenne et de l’ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire.
Élaboré sous l’égide de la CNUCED, le nouvel Accord international sur le cacao entrera en vigueur le 1er octobre 2026. Il met l’accent sur deux priorités majeures : l’amélioration des revenus des producteurs et le respect strict des exigences du développement durable, notamment la traçabilité des produits et la lutte contre la déforestation.
Pour les autorités congolaises, cette adhésion à l’organisation qui regroupe 51 États, dont 22 pays exportateurs et 29 importateurs, représente une étape stratégique dans la volonté de repositionner la RDC parmi les grandes puissances agricoles africaines.
Une production en pleine expansion
Le gouvernement congolais met en avant la forte progression de la production nationale de cacao, passée de 41 000 tonnes en 2021 à près de 100 000 tonnes en 2025, sans compter les volumes issus de la contrebande transfrontalière.
Cette croissance place désormais la RDC parmi les pays africains en forte ascension dans la filière cacao, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria et du Cameroun. Kinshasa affiche même l’ambition d’intégrer le Top 3 mondial des producteurs de cacao d’ici 2030, sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi.
Les autorités congolaises assurent vouloir miser sur un cacao d’excellence répondant aux standards internationaux et respectant les principes de « zéro déforestation ».
En marge de cette signature historique, le ministre Julien Paluku a rencontré son homologue ivoirien Ibrahim Kalil Konaté, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. Les échanges ont porté sur l’expérience ivoirienne dans la structuration des coopératives locales, la gestion des crises et la résilience face à la volatilité des cours mondiaux du cacao.
Selon Kinshasa, cette coopération avec la Côte d’Ivoire, leader mondial du secteur, permettra d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la filière cacao en RDC et de renforcer sa compétitivité sur le marché international.