Le gouvernement congolais a réagi au cas d'Ebola détecté en France chez un médecin humanitaire de l'ONG ALIMA.
Dans un communiqué publié le mercredi 24 juin dernier, Kinshasa précise que ce praticien a exercé du 22 mai au 19 juin 2026 au centre de traitement d'Ebola du Centre Médical Évangélique de Rwampara, en province de l'Ituri, avant de transiter par Kinshasa jusqu'au 22 juin pour enfin de rejoindre la France le lendemain.
Le gouvernement congolais souligne que le médecin « ne présentait aucun signe clinique au moment de son départ de Bunia ni durant son séjour à Kinshasa », rappelant qu'une personne infectée par Ebola ne devient contagieuse qu'à l'apparition des symptômes.
Kinshasa, qui indique avoir saisi les autorités françaises pour un partage de données permettant le traçage des contacts potentiellement exposés sur le territoire congolais, a annoncé dans la foulée qu'une période d'observation obligatoire de 21 jours est désormais imposée à toute personne en provenance des zones affectées avant tout déplacement sur le territoire national ou à l'international : « Cette mesure vise à renforcer les dispositifs de santé publique, à réduire les risques de propagation et à assurer un suivi rigoureux des personnes potentiellement exposées », précise-t-il affirmant être pleinement mobilisé pour protéger la population et préserver la santé publique.
#COMMUNIQUE
— Ministère de la Communication et Médias/RDC (@Com_mediasRDC) June 24, 2026
Dans le cadre du renforcement de la riposte contre la maladie à virus Ébola, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo annonce que toute personne en provenance des zones affectées devra observer une période de 21 jours avant tout déplacement sur le… pic.twitter.com/nTZZZqoEVR
Notez que le bilan de l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC continue de s'alourdir.
A ce jour, le pays enregistre 1.118 cas confirmés et 291 décès soit un taux de létalité de 26%, alros que l'épidémie touche désormais 34 zones de santé réparties sur trois provinces à savoir l'Ituri, épicentre de la crise avec 22 zones affectées, le Nord-Kivu, sous surveillance prioritaire avec 11 zones, et le Sud-Kivu qui compte seulement 3 cas confirmés et un décès.
Sur le plan opérationnel, 408 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 122 guérisons ont été enregistrées au total.
Le taux de suivi des contacts atteint 77,1% pour 8 346 contacts sous surveillance, un chiffre qui, selon les autorités, témoigne d'un dispositif actif mais insuffisant pour atteindre les cibles opérationnelles fixées.
Dans le même temps, la méfiance ne faiblit pas au sein de la population locale et ce, malgré les multiples sensibilisations communautaires.
Ce même mercredi, une nouvelle scène de chaos a été observée à Kahigha dans la commune de Kyondo en territoire de Beni au Nord-Kivu à la suite d’un décès communautaire.
Certains membres de la communauté ont ouvert le cercueil et manipulé le corps d’un défunt d’Ebola, ce qui suscite de nombreuses inquiétudes quant à la riposte contre cette épidémie.
#NordKivu : Voici ce qui s’est passé ce mercredi 24 juin à Kahigha, dans la commune de Kyondo, territoire de Beni.
— Georges Kisando Sokomeka (@GeorgesKisando) June 25, 2026
À la suite d’un décès communautaire, certains membres de la communauté ont ouvert le cercueil et manipulé le corps du défunt. pic.twitter.com/oJQAyNnX6P
Il y a quelques jours, l’ONG Médecins Sans Frontières avait alerté disant constater qu’en dépit de l’intensification de cette riposte, d’importantes lacunes compromettent les efforts visant à la contrôler, que ce soit en matière de diagnostic, de surveillance, de recherche des contacts ou d’engagement communautaire.