Alors que les habitants de la ville d’Uvira attendaient la réouverture cette semaine du poste frontalier de Kavimvira- Gatumba avec le Burundi comme promis par le gouverneur du Sud-Kivu lors de son retour dans ce chef-lieu provisoire ; Bujumbura refuse toujours d’accéder à cette demande et ce, malgré le départ du M23 depuis plusieurs jours maintenant.
En clair, le gouvernement burundais conditionne la réouverture de ce poste frontalier à l’évolution sécuritaire régionale.
C’est ce qu’a fait savoir le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, lors d’un briefing organisé ce jeudi 29 janvier 2026 et consacré à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et à l’accueil des réfugiés congolais au Burundi : « La réouverture de la frontière se fera lorsque toutes les conditions seront réunies », a déclaré le chef de la diplomatie burundaise.
Édouard Bizimana justifiant cette décision par « des mouvements récents de groupes rebelles burundais qui seraient en train d’opérer avec le M23 », ce qu’a toujours démenti le mouvement rebelle qui a toujours assuré ne pas avoir des ambitions au Burundi malgré qu’il combat les troupes burundaises présentes sur le sol congolais et qui appuient les FARDC.
Le ministre burundais des affaires étrangère a affirmé que des combattants armés hostiles au gouvernement burundais ont progressé vers la frontière burundaise, du côté de la rivière Rusizi : « Nous suivons de près la situation. Et dès qu’il y a une menace sur nos frontières, nos forces armées et de sécurité sont prêtes à défendre l’intégrité territoriale du pays », a-t-il affirmé citant notamment la présence des rebelles Red-Tabara et des FNL.
Et si les FARDC ainsi que les résistants Wazalendo ont assuré avoir fait leur retour à Uvira où le régime de Kinshasa y a depuis réinstallé son administration, le chef de la diplomatie Burundaise s’est montré sceptique assurant que le retrait du M23 de cette ville « n’est toujours pas effectif. »
Il faut dire que de nombreuses personnes qui s’étaient réfugiées au Burundi, qui témoignent des conditions difficiles dans les camps des déplacés, attendent également la réouverture de la frontière Gatumba–Kavimvira pour retourner chez eux ; mais là encore, nombreux affirment être empêchés par les autorités burundaises.